Dites-le en 3 kanjis : 麒麟児

Un paysage où transpire… l’harmonie

麒麟児 (きりんじ)

👉 Décomposition : 麒麟 et 児

FR : Jeune enfant doué

Non, il ne s’agit pas du petit (児 : enfant) de la girafe ( 麒麟 (きりん) ) . Kirin fait ici référence à un animal mythique de la Chine ancienne, qui, disait-on, se manifestait uniquement là où régnait l’harmonie. Au Japon, cette créature figure sur une des bières les plus vendues : キリン 一番搾り (いちばんしぼり) .

搾り, du verbe 搾る (しぼる) , signifie presser, traire. Ce verbe s’écrit aussi 絞る.

👉 搾る, comme dans le cas de la bière Kirin, s’applique aux liquides naturels, comme dans presser un fruit ou traire une vache, tandis que 絞る a un sens beaucoup plus large. On pense ici notamment à la petite serviette humide qu’on vous offre au resto pour vous essuyer les mains avant de manger : oshibori (お絞り), une tordue, c’est-à-dire une [serviette mouillée] tordue.


👉 油を絞る (あぶらをしぼる)

Littéralement : presser l’huile. Au figuré, (1) sermonner quelqu’un, ou (2) mettre quelqu’un à dure épreuve en lui imposant une tâche ou un problème extrêmement difficile ou carrément impossible, comme si on voulait le tordre pour en tirer tout le jus.

On peut aussi s’appliquer à soi-même une torsion (pression) du même genre, quand on se creuse les méninges en pressant sa propre intelligence : 知恵 (ちえ) 絞る (しぼる) , donc sa matière grise (pas tout à fait liquide, mais bon).

Dans un autre registre, on peut aussi verser tellement de larmes qu’il faut ensuite se tordre les manches : (そで) を絞る.


Le 15 février, Geo Poterring est allé voir les cygnes au marais Sugaonuma (ville de Bandō, préfecture d’Ibaraki). La balade commençait à Kashiwa (préfecture de Chiba) au parc Akebonoyama et, quelques kilomètres plus loin, au musée de la résidence Yoshida, dont la construction remonte à l’époque Edo. Yoshida était un riche fermier, comme en font foi l’intérieur et l’extérieur des bâtiments. J’ai pris quelques photos au parc, où les abricotiers commençaient à fleurir, et à la résidence. Le toit de chaume, qui vient tout juste d’être rafraîchi l’an dernier avec un mélange d’ancienne et de nouvelle paille, était tout particulièrement impressionnant, de loin comme de près (pour la finesse des détails). Les photos montrent également de petits détails, comme cet oiseau décoratif qui camoufle la tête d’un clou, la fumée de l’irori qui protège les poutres et piliers du toit contre les insectes, et le kamon (家紋, insigne héraldique) présent sur toutes les tuiles (sous le toit de chaume), chose plutôt rare qui reflète bien l’aisance de cette famille Yoshida à l’époque Edo.

Billet n° 203


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