Dites-le en 3 kanjis : 天邪鬼

La force antigravitationnelle d’un petit démon
天邪鬼Décomposition : 天 (ciel) et 邪鬼 (démon, esprit)
Dans le folklore japonais, 天邪鬼 est soit un petit démon, soit un yōkai maléfique. Aujourd’hui, la signification du terme a dérivé pour désigner également quelqu’un qui fait toujours le contraire de ce qu’on attend de lui (天邪鬼な人).
私は天邪鬼かも 知 れないが、 物事 の 判断 を 好 きか 嫌 いかできめるのである。 Je suis peut-être contrariant, mais je décide des choses selon qu’elles me plaisent ou pas. (Le cinéaste Ozu, cité dans 小津安二郎戦後語録集成)
Au temple Nishi-Hongan-ji (西本願寺), à Kyōto, huit de ces petits démons soutiennent vaillamment, sur leurs épaules, des bassins destinés à la collecte de l’eau de pluie qui s’écoule du toit du bâtiment Goeidō (御影堂).
Ce petit démon du bouddhisme représente les désirs et passions, et c’est pour cette raison qu’on le voit souvent terrassé sous le pied d’un des Quatre rois célestes à l’entrée des temples.
Dans le vocabulaire architectural des temples et sanctuaires, 邪鬼 est une pièce ornementale qui — serait-on tenté de dire, par esprit de contradiction — s’oppose à la force gravitationnelle sous les bâtiments, structures et sculptures.
De 天邪鬼, retenons 天, le kanji du ciel…
👉 有頂天 になる
Toujours dans le bouddhisme, 有頂天 est le point le plus élevé du ciel. Utilisé de manière positive, ce mot de trois kanjis désigne une très grande joie (être au septième ciel, dirait-on en français), mais il prend aussi facilement une nuance péjorative, pour reprocher à quelqu’un son exubérance démesurée et, par exemple, lui demander de revenir sur terre…
La divinité des verrues
Le 25 janvier, nous sommes allés rouler avec Geo Pottering du côté de la péninsule de Bōsō pour nous remplir les yeux de narcisses et de cerisiers en fleurs, cette région jouissant d’un climat relativement doux par rapport à la région métropolitaine.
Les Kinomapiens qui roulent sur nos vidéos ne le remarquent peut-être pas, mais nous croisons parfois de petites divinités bienfaitrices en chemin. Ce fut le cas ce jour-là, où la très vieille statuette d’une divinité des verrues (イボ神様) nous attendait en bordure de la « route aux narcisses d’Ezuki » (江月水仙ロード).

Divinité des verrues. L’affiche explique qu’au village d’Ezuki, cette divinité a le pouvoir de soigner les verrues. Il suffit pour cela de faire brûler de l’encens en offrande et de frotter ensuite la verrue avec la cendre.
Cette douce intervention divine n’a rien à voir avec le traitement pénible qu’avait autrefois fait subir un médecin de village à mon bipède, quand, à l’âge de 12 ou 13 ans, il avait souhaité se débarrasser des 14 verrues qu’il avait aux mains. Son souhait avait été exaucé, non pas au moyen d’encens… mais d’azote liquide. Le pauvre a gardé un souvenir très douloureux de cette vilaine cryothérapie.
Les statuettes de divinité des verrues ne sont pas chose rare au Japon, comme le montre cette carte qui leur est dédiée. Elle a été élaborée par un dermatologiste de Shizuoka qui semble avoir pour passe-temps d’aller visiter les temples et sanctuaires où l’on trouve des statues ou statuettes de divinités de la verrue, aussi bien bouddhistes que shintoïstes.
Billet n° 201
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