Tromper les fraises

Au début du mois, nous avons roulé dans la préfecture de Tochigi. Le long du chemin, il y avait beaucoup de producteurs de fraises, ce qui n’avait rien d’étonnant puisque, depuis 1968, cette préfecture est la plus grande productrice de fraises au Japon. À Kanuma (鹿沼市), TERAUCHI Hiroyuki (寺内宏幸) les cultive selon une méthode traditionnelle appelée yama-age saibai (山上栽培).

En juillet, il interrompt la croissance de ses plants de fraises pour aller les replanter ailleurs. « Du repiquage de fraises ? » me demanderez-vous, en pensant aux plants de riz qu’on repique dans la rizière irriguée quand ils atteignent la taille nécessaire. Pas tout à fait…

Ses jeunes plants de fraises, il les transporte plus au nord, vers Senjōgahara (戦場ヶ原), un plateau situé à une altitude de 1 400 mètres et qui, en 1946, a été défriché pour l’agriculture sur une superficie d’environ 80 hectares. Le but du repiquage des plants à cette altitude, où la température est nettement plus basse que dans la plaine d’où ils viennent, est de les faire mûrir précocement en leur faisant croire que l’automne approche. Normalement, les plants ne devraient porter fruit qu’au printemps, après avoir dormi tout l’hiver. En les faisant entrer en dormance dès l’été pour provoquer leur mûrissement précoce, les TERAUCHI pourront les vendre au cours de l’hiver, à prix plus élevé.

Dans son petit camion, le producteur de fraises doit se taper un parcours de 90 minutes matin et soir, entre la plaine et le plateau de Senjōgahara, pour aller repiquer ses plants à la main, plants qui, une fois repiqués, devront être entretenus quotidiennement. Ça fait beaucoup de travail, pour faire un peu plus d’argent et par amour de la tradition, tradition qu’un grand nombre de cultivateurs ont abandonnée puisque les techniques modernes de culture permettent aujourd’hui d’obtenir des récoltes de fraises en hiver sans jamais quitter la plaine.

Au bout de deux mois, donc, les plants du plateau sont de nouveaux repiqués dans la plaine, en serre cette fois-ci, bien au chaud, pour leur faire croire que le printemps est de retour.

Tout ce que je viens de raconter est extrait d’une vidéo en ligne, ici 👉 栃木県 歴史が息づく日光 自然に寄り添う営み


Ça, c’était devant la gare Shinkanuma, un dimanche matin, celui du 24 novembre. Le présent billet était presque terminé, et l’envie nous a pris d’aller rouler dans le coin des fraises, non pas pour elles-mêmes, mais pour aller flâner dans le beau jardin du sanctuaire Furumine (古嶺神社).


La première partie du billet était presque terminée, hier, quand nous sommes partis pour une balade d’une journée dans cette région. Nous avons roulé sur le tracé GPS d’une balade de Geo Pottering réalisée en novembre 2018. En voici un extrait téléversé sur Kinomap, dans la partie en pente très douce du trajet.

Arrivés au sommet, nous avons cassé la croûte dans le grand jardin, puis filmé cette promenade. Ce n’est qu’après, en sortant du jardin, que nous avons aperçu l’affiche qui interdisait d’apporter de la nourriture dans le jardin… \😯/


Entre la douce montée à travers champs et la promenade dans le jardin, il y a eu une montée plus ardue. Mon bipède a tenu le coup jusqu’à une grosse statue d’Acala, mais par la suite, jusqu’au sanctuaire Furumine, il a beaucoup plus marché à mes côtés que pédalé sur ma selle…

Attention, oreilles sensibles, il y a des voitures 🚗🚗🚗. Vous pouvez toujours baisser le son, parce que le coup d’œil au gros torii, à mi-chemin, et à la statue, à la fin, valent peut-être le coup… à vous de voir (ou pas).


J’ai filmé aussi la descente, mais n’ai encore rien mis sur Kinomap. Ça viendra ! 🚴



Billet n° 183


➕ Commenter

Notez le n° de billet qui figure ci-dessus. Le formulaire s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.